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Transition numérique : territoires et agences économiques changent de braquet

Par son caractère surprenant et incertain, la crise sanitaire a bouleversé les pratiques en vigueur et accéléré quelques grands mouvements déjà à l’œuvre. Généralisation du télétravail, centralisation des data, visibilité digitale, compétition territoriale « online », gestion de projets multi-utilisateurs… la transformation digitale n’est plus une option pour les territoires mais bien une obligation. Keenova vous donne rendez-vous à compter du 28 janvier pour une série de rendez-vous visant à réfléchir ensemble sur les bonnes pratiques à mettre en œuvre pour répondre efficacement aux nouveaux défis posés aux collectivités et acteurs du développement économique.

A la veille du webinar qu’ils animeront demain, Florian Gratien, directeur Digital chez Geolink Expansion, et Jérémy Bernard, directeur du pôle Design chez Keenova, apportent un éclairage nouveau sur les ressources et les technologies mises à la disposition des développeurs économiques et leur impact sur les actions et la stratégie des territoires en matière d’attractivité.  

Pourquoi est-ce le bon moment pour réaliser sa transition digitale ?

Jérémy Bernard : il va sans dire que le contexte s’y prête. Les acteurs territoriaux ont par essence des fonctions de coordination, d’animation d’écosystèmes locaux et de management de projets particulièrement complexes. Comme les entreprises qui tendent vers le e-commerce, les territoires passent dans un schéma ou le terrain de jeu devient majoritairement online, tant pour valoriser son territoire que pour suivre l’évolution des projets d’entreprises. A ce niveau, la compétition s’est d’ailleurs encore accrue pendant le confinement pour attirer les projets d’implantation d’entreprises et les projets de changement de vie des entrepreneurs et des talents. De l’organisation de visites d’entreprises sur le territoire à la gestion des biens en passant par la nécessité de conserver du lien avec les investisseurs, partenaires et même au sein de ses propres équipes, les outils digitaux constituent un ensemble de solutions indispensables aux agences de développements économiques. Ils sont également une réponse aux contraintes budgétaires qui pèsent sur les collectivités avec des gains de temps énormes dans la chaine de traitement d’un projet par exemple.

Florian Gratien : Globalement, on a atteint un certain niveau de maturité « digitale » aujourd’hui et c’est tant mieux car cela offre la possibilité aux développeurs territoriaux de s’appuyer sur des dispositifs qui ont fait leurs preuves et qui sont vraiment adaptés à leurs problématiques. Aujourd’hui, on distingue deux catégories de leviers susceptibles de répondre à des besoins différents bien que complémentaires. D’un côté, les outils de collecte et de pilotage de données tels que logiciel CRM, tableau de bord, robot intelligent pour automatiser des process chronophages… et, de l’autre côté, les services comme le référencement naturel et payant ou le social media comme LinkedIn et Twitter. Pour revenir sur les coûts évoqués par Jeremy, les campagnes digitales ont notamment l’avantage de proposer des retours sur investissement mesurables en temps réel. Pour réussir, il faut maintenant savoir trouver la bonne combinaison selon les besoins exprimés par le territoire pour obtenir une efficacité optimale.

Parler digitalisation va dès lors bien au-delà d’un simple site Internet ?

J.B : Disposer d’un site Internet capable d’offrir une meilleure expérience utilisateurs ou répondre aux canons contemporains reste indispensable mais il faut penser plus loin et proposer aux porteurs de projets et aux investisseurs une stratégie d’approche multi-services et multi-thèmes pour le séduire. Par exemple, si ma cible est le jeune entrepreneur du numérique en situation de mobilité qui cherche une ville de taille moyenne, je dois réfléchir son parcours utilisateurs, les contenus et l’arborescence à adapter sur le site, les mots clés qu’il pourrait utiliser sur les moteurs de recherche, et définir le canal le plus approprié pour l’éveiller, le fidéliser et l’aspirer. Souvent, la partie invisible d’un site web peut faire une énorme différence.  

F.G : Clairement, on va désormais bien au-delà d’un simple site vitrine. Fini les petites retouches cosmétiques ; Les opportunités offertes par le digital doivent désormais s’inscrire dans une réflexion stratégique globale. C’est nécessaire pour obtenir des résultats à la hauteur des objectifs fixés. Mais pour cela, il faut également réfléchir en termes d’objectifs, d’indicateurs, d’implantations réalisées… et ainsi mettre en place un authentique instrument de prospection au service du territoire.

J.B : Rappelons-le, aujourd’hui, les leviers digitaux permettent d’identifier près de 80% des projets de localisation des entreprises et des porteurs de projets ! Et la mise entre parenthèse des salons ne fait qu’augmenter cette tendance.

La transition numérique implique un engagement humain et cultural pour livrer son plein potentiel
Comment réussir sa transformation numérique ?

F.G : C’est d’abord un engagement humain et culturel. Il faut une conviction forte, portée par des leaders, et une adhésion collective dans les services concernés.  Les technologies digitales sont à la portée de tout territoire. Leur diversité et la variété des leviers disponibles permettent de répondre à des stratégies d’attractivité très larges ou à des politiques de prospection extrêmement fines. De la communauté de communes qui vise les PME régionales à la grande métropole qui joue la carte des investissements Brexit, la culture data est l’affaire de tous les territoires. Ce qui diffère, selon leurs caractéristiques intrinsèques, ce sont les objectifs, les indicateurs et les leviers pour y arriver.

J.B : La transformation numérique du territoire passe par une culture « data ». Un premier audit permet d’étudier le passé et le présent pour mieux prévoir la suite. Il est possible d’analyser très finement le niveau de demandes des entreprises catégorisées par type de bien, par segment de marché, par type de projet.  Le rapprochement de l’offre territoriale et la demande immobilière permet d’évaluer l’écart à combler. Dans un registre plus web, chaque interaction des entreprises sur les réseaux sociaux et sur des pages web du territoire peuvent être centralisés et analysés pour mieux cerner les attentes des entreprises locales ou extérieures… Pour un audit encore plus avancé, nous avons mis en place un dispositif qui permet, par exemple, de prédire les intentions d’investissement des entreprises à partir de leur comportement sur les pages web d’un site web. Testé par le bais des plateformes HUB développées par Geolink Expansion, ce dispositif a fait ses preuves et permet de retravailler ses contenus, son champ lexical et ses mots clés pour capter davantage de projets d’investissements français et étrangers. Bref, la data est incontestablement au centre d’une transformation digitale réussie.

F.G : Sur le plan organisationnel, les solutions numériques permettent également de renforcer les synergies et les collaborations non seulement au sein des équipes mais également avec ses partenaires. Le digital impose parfois à repenser ces process. Plus les process datas sont précis, plus les acteurs qui interagissent avec ces datas sont efficaces. Les outils de gestion de type logiciel CRM développement économique, les applications ‘social media’ et les solutions de webtracking répondent ainsi aux problématiques imposées par la crise qui oblige à peaufiner son modèle collaboratif tout en limitant les échanges en présentiel. L’explosion des évènements en ligne est un indicateur flagrant. Si tous les territoires ont su faire la preuve de leur résilience et de leur capacité d’adaptation en montant des espaces de partage de type webinars ou conférences en ligne, la tendance devrait se poursuivre et même s’accentuer. L’idée maintenant c’est surtout de se différencier des voisins, et pour cela il vaut mieux savoir exploiter le potentiel de ses datas.

L’idée est donc de continuer à rester visible et à attirer des entreprises pendant la crise ?

F.G : Bien plus que ça, l’idée est de renforcer cette visibilité, et de se différencier des autres en choisissant ses « combats ». L’analyse des données du territoire permet par exemple de voir une dynamique nouvelle avec des projets d’implantation et de changement de vie très différents depuis la crise sanitaire. Bien appréhender les nouvelles cibles et valoriser son offre au bon moment avec le bon levier digital, c’est maximiser ses chances de séduire une entreprise et de répondre à ses besoins, même les plus spécifiques. Attention néanmoins à bien travailler son message pour ne pas attirer sur son site un profil de visiteurs qui ne répond pas à ses attentes. Les campagnes de référencement online ou de social media doivent donc être étudiés avec soin pour définir le bon arbitrage entre volume et quantité, entre nombre de visites sur internet et nombre de visites de locaux générés sur le territoire.

J.B : Si personne ne conteste l’évidence d’être présent pour ne pas laisser la place aux concurrents, les actions menées par les territoires ne pourront pas avoir de réel impact sans un travail de fond qui démarre par la collecte et l’analyse des datas sous l’angle de l’offre territoriale et de la demande des entreprises.

F.G : c’est tout l’objet des rendez-vous que nous proposons au cours des prochaines semaines avec cette campagne des « #30RDVPOUR accélérer votre digitalisation ». Le but : réfléchir collectivement, sur la base des technologies existantes, aux meilleures stratégies à mettre en place pour valoriser son territoire en fonction de ses spécificités, de ses besoins et de ses enjeux : équité, attractivité et inclusion !

Coup d’envoi, dès aujourd’hui, avec notre webinar ‘Deveco : mieux gérer vos datas pour renforcer votre performance’

Pour retrouver tous les RDV de la campagne #30RDV pour digitaliser votre territoire, cliquez ici.